Présentation

Données géographiques


Nom: Brésil
Superficie : 8 511 965 km² (quinze fois la France)
Population : 186 millions (2006)
Capitale : Brasilia (2 millions d’h.)
Villes principales (en millions d’habitants) : São Paulo (18,4), Rio de Janeiro (11,1), Belo Horizonte (4,5), Porto Alegre (3,8), Salvador de Bahia (2,4), Fortaleza (2,14), Curitiba (1,6), Recife (1,3m), Belém (1,1m), Goiânia (1,1m).
Langue (s) officielle (s) : Portugais
Monnaie : Real
Fête nationale : 7 septembre


Données démographiques


Croissance démographique : + 1,11 % (estimation 2004)
Espérance de vie : 71,9 (hommes) ; 75,8 (femmes)
Taux d’alphabétisation : 89 % (taux officiel)
Religions : catholiques (73,6%) ; évangélistes (18%)
Indice de développement humain (Classement ONU) : 0,792 (69ème rang mondial sur 177)


Données sociales


La transition du "Plan Real", avec la chute de l’inflation, a contribué à améliorer le pouvoir d’achat des revenus les plus faibles et permis la diffusion des biens durables. Parallèlement, des progrès importants ont été enregistrés dans le domaine de la santé et de l’éducation. Mais la répartition des revenus demeure très inégalitaire et le Brésil reste, selon la formule du Président Cardoso, un pays injuste plutôt qu’un pays pauvre, classé au 65ème rang mondial pour le développement humain.

- Le Brésil reste l’un des pays les plus inégalitaires (indice de Gini : 0,57). Les 50% les plus pauvres recevaient 14,5% du revenu total en 2000 (contre 13% en 1991), alors que les 10% les plus riches bénéficiaient de 46% du revenu total (contre 49%, 10 ans auparavant). Plus du tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté et la classe moyenne (25% de la population) est très vulnérable.

- Le Brésil est également marqué par de très fortes disparités régionales, quel que soit l’indicateur choisi. Ainsi la mortalité infantile, bien qu’en forte baisse (de 38%), reste deux fois plus élevée dans le Nordeste que dans le Sud. Les taux d’équipement en biens durables sont deux à trois fois supérieurs dans le sud du pays. Dans les zones rurales, plus de la moitié de la population a un salaire inférieur au revenu minimum alors que ce taux est de 25% en zone urbaine.On distingue traditionnellement trois Brésil :

1) Le Brésil développé : 50 % de la population brésilienne , sept Etats du sud (Rio Grande do Sul, Santa Catarina, Paraná, São Paulo, Mato Grosso do Sul, Rio de Janeiro, Espírito Santo) et Brasília.

2) Le Brésil intermédiaire : 17 % de la population brésilienne, six Etats contigus, de la frontière vénézuélienne au Minas Gerais (Roraima, Amazonas, Rondônia, Mato Grosso, Goiás, Minas Gerais) et l’Amapá (frontalier de la Guyane française).

3) Le Brésil pauvre : 33 % de la population brésilienne , neuf Etats du Nordeste (Alagoas, Bahia, Ceará, Maranhão, Paraíba, Pernambuco, Piauí, Rio Grande, Sergipe) et les trois Etats amazoniens les plus défavorisés (Acre, Pará et Tocantins).

- Depuis 1995, le Brésil connaît également une montée du chômage et du travail dissimulé, sous l’effet de l’ouverture économique et des restructurations d’entreprise. La population active au Brésil comprend 79,3 millions de personnes dont 71,7 millions ont un emploi. Le taux de chômage respectant les normes internationales s’élève à 10% en 2006.

- Une violence croissante. Depuis le milieu des années 1990, les effets du trafic de drogue ont contribué à la montée de la délinquance et de la violence criminelle. Les puissantes organisations criminelles liées au trafic de drogue contrôlent les quartiers pauvres des grands foyers urbains. Les forces de polices se révèlent incapables d’endiguer la délinquance de voie publique et le Brésil est un des pays d’Amérique latine où le taux d’homicides est le plus élevé (20 fois supérieur à celui de la France). La situation explosive des prisons, où prospère le crime organisé, a conduit aux événements de mai 2006 à Sao Paulo (attentats meurtirers contre la police dans tout l’Etat) et de décembre 2006 à Rio (envoi de troupes fédérales).


Données économiques (sources : OCDE, GAO, BEA)


PIB (2006) : 1050 milliards $
PIB par habitant (2006) : 5 088 $
Taux de croissance (2006) : +3,7% ( estimation 2007 : 4,6% )
Taux de chômage (2006) : 10,4%
Taux d’inflation (2006) : +3,0%
Excédent primaire (2006) : 3,9%
Exportations 139 milliards $ (2006)
Balance commerciale (2006) : + 46 milliards $
Dette extérieure totale (2006) : 191,1 milliards $ (17,9% du PIB)
Réserves Internationales(2006) : 160 milliards $

Principaux clients : Etats-Unis, Argentine, Chine, Pays-Bas
Principaux fournisseurs : Etats-Unis, Argentine, Allemagne, Chine, Japon
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (2006) :
- agriculture : 5,1 %
- industrie : 30,9%
- services : 64,0%

Dispositif diplomatique et consulaire français au Brésil :

Ambassade de France à Brasília et agences consulaires à Belém, Macapá, Recife, Maceió,Belem, , Salvador, Porto Seguro, Fortaleza, São Luis, Natal et Aracajú ;

Consulat général à São Paulo et agences consulaires à Campo Grande, Campinas, Curitiba, Florianópolis, Foz de Iguaçu, Porto Alegre, Santos et São Jose dos Campos ;

Consulat général à Rio de Janeiro et agences consulaires à Belo Horizonte et Vitória.

Communauté française au Brésil : 14 000 français immatriculés (25 000 estimés dont bi-nationaux)

Communauté brésilienne en France : 2 000 enregistrés (25 000 estimés dont bi-nationaux))


Géographie (Source : MFE)


Décalage horaire (par rapport à Paris)

- en été : 3 heures de moins.

- en hiver : 5 heures de moins.

Les dates de changement d’heures n’étant pas les mêmes qu’en France, il arrive que l’écart soit de 4 heures en février-mars et en septembre-octobre.

1) Situation


a)Présentation générale



Avec une superficie de 8,5 millions de km² (soit près de 17 fois la France et près de la moitié de l’Amérique du sud), le Brésil se place au cinquième rang mondial derrière la Russie, le Canada, les Etats-Unis et la Chine. 90% du territoire sont situés entre l’équateur et le tropique du Capricorne, qui coupe l’Etat de Sao Paulo quelques kilomètres au nord de la ville. Doté d’une façade maritime de 7408 km, sur l’Atlantique, le Brésil s’étend sur 4320 km du nord au sud et 4336 km d’est en ouest.

Il partage ses frontières au nord (de l’est vers l’ouest) avec la Guyane française, le Suriname, la Guyana, le Venezuela, la Colombie ; à l’ouest avec le Pérou et la Bolivie ; au sud avec le Paraguay, l’Argentine et l’Uruguay.

On distingue deux régions principales :

- au nord, la plaine de l’Amazonie, recouverte de forêts, chaude et humide, traversée d’est en ouest par l’Amazone, le fleuve le plus important du monde par son débit et dont le bassin hydrographique s’étend sur 47% du territoire brésilien. Au nord, dans le massif des Guyanes, à la frontière avec le Venezuela, se trouve le point culminant du Brésil : le Pico da Neblina (3014 m).

- le plateau central brésilien, bordé à l’est et au sud-est par la plaine côtière atlantique (de 50 à 80 km de large), au dessus de laquelle s’élève une chaîne montagneuse. A l’intérieur, le plateau se compose surtout de régions plates, entrecoupées de nombreuses vallées et de chaînes montagneuses.

La végétation tropicale est dominante.
b)Liaisons avec la France

10.000 kilomètres séparent le Brésil et la France. Les principales compagnies aériennes assurent des liaisons avec le Brésil.

2) Climat



Le Brésil se trouvant dans la zone australe, les saisons y sont inversées par rapport à l’Europe ; elles sont toutefois moins différenciées que dans les zones tempérées.

Le climat brésilien varie selon l’altitude et la latitude et accuse de grandes différences d’une région à l’autre, du climat équatorial, tropical à subtempéré.

Températures moyennes :

- au printemps (mi-septembre à mi-décembre), la température est relativement chaude au nord et au nord-est du pays (28°C) ; elle est fraîche et agréable entre Sao Paulo et Porto Alegre ainsi que sur les plateaux de l’intérieur (autour de 18°C à 20°C) ;
- en été (mi-décembre à mi-mars), la température varie entre 28°C dans le nord-est du pays et 20°C sur les plateaux méridionaux ;
- en automne (mi-mars à mi-juin), la température descend au-dessous de 18°C au sud du tropique du Capricorne ;
- en hiver (mi-juin à mi-septembre), au sud du 18ème parallèle, le thermomètre enregistre une température de 10°C.

Hygrométrie :

Dans les régions équatoriales (Belem), le degré d’humidité peut atteindre jusqu’à 94%, tandis qu’à Rio de Janeiro et à Sao Paulo, celui-ci ne dépasse pas respectivement 74% et 82%. Dans le nord-est, il n’excède pas 45% et, pendant la saison sèche en août et septembre, il est inférieur à 20% à Brasilia. Il neige et il gèle dans certaines régions des Etats de Parana, Santa Catarina et Rio Grande do Sul.
- La pluviométrie est très élevée en Amazonie occidentale ou dans le bassin du Parana ; elle est acceptable et suffisante sur la côte orientale et dans le sud, insuffisante dans le nord-est intérieur.

3) Villes principales




a) Brasilia



Située sur un plateau au centre du pays, à 1000 mètres d’altitude, capitale fédérale depuis 1960 créée ex nihilo par l’architecte Oscar Niemayer, Brasilia est essentiellement une ville du secteur tertiaire (administrations, universités).

b) Sao Paulo


Situé au sud-est, le principal centre économique du Brésil est la quatrième métropole mondiale.

Capitale financière, carrefour commercial desservi par le port de Santos, toutes les industries y sont représentées : métallurgie, construction mécanique, agro-alimentaire, chimie... On y trouve les sièges sociaux des principales compagnies brésiliennes et étrangères ; c’est également le plus important centre culturel et universitaire du Brésil.

c) Rio de Janeiro



L’ancienne capitale est la seconde ville du Brésil. Elle connaît une activité industrielle et portuaire importante : industrie pétrolière, chimique, pharmaceutique, construction navale, textile... Située dans la baie de Guanabara parsemée d’îles, entourée de collines, dominée par le Corcovado (710 m) et le Pain de sucre (395 m), elle est célèbre pour ses beautés naturelles, ses musées et son carnaval qui en font la "capitale touristique" du pays. Elle compte également de nombreuses universités.


d) Récife



Située au nord-est, sur la côte Atlantique, la capitale de l’état de Pernambuco est appelée la Venise de l’Amérique latine en raison du réseau de canaux qui sépare la ville en différents districts. C’est un port actif, ainsi qu’un centre industriel consacré principalement à la transformation de produits agricoles : industrie du sucre, coton, conserveries.

e) Belo Horizonte



La capitale du Minas Gerais est située au centre d’une importante région agricole et minière. Métallurgie, aciéries, textile, composent le paysage industriel de la ville qui est également un important centre universitaire.

f) Salvador


La capitale de l’Etat de Bahia est célèbre pour son carnaval.

g) Belém



Port important à l’embouchure des fleuves Para et Tocantins au nord du pays, la capitale du Para a pour principale activité l’industrie mécanique et la construction navale.

Politique intérieure


Les institutions brésiliennes :

Régime fédéral présidentiel

Le Président nomme les ministres, a l’initiative des lois et peut opposer son veto.

Le Congrès, qui élabore et vote les lois, est composé :
- du Sénat fédéral (81 sénateurs, 3 par Etat, élus au suffrage direct et au scrutin majoritaire pour 8 ans).
- de la Chambre des Députés (513 élus au suffrage direct et au scrutin proportionnel pour 4 ans).

Les lois à valeur constitutionnelle sont adoptées à la majorité des 3/5èmes (308 députés et 49 sénateurs).

Les 27 Etats disposent de toutes les compétences qui ne leur sont pas interdites par la Constitution, le pouvoir fédéral ayant l’exclusivité en matière de défense, de relations extérieures, de monnaie et de crédit.
Politique : rappel historique

La démocratie brésilienne s’est difficilement mise en place :

- 1985 : fin du régime militaire (instauré en 1964). M. José Sarney est investi Président de la République.

- 1989 : M. Fernando Collor est élu au suffrage universel, mais, accusé de corruption, il doit démissionner le 29 décembre 1992, remplacé par le vice-président M. Itamar Franco.

Cette période d’incertitude s’achève le 3 octobre 1994 avec l’élection à la présidence de Fernando Henrique Cardoso, candidat du Parti de la Social-Démocratie Brésilienne (PSDB, centre-gauche). Son principal rival est M. Luiz Inácio Lula da Silva (Parti des Travailleurs - PT, gauche).

Réélu dès le premier tour, le 4 octobre 1998, le président Cardoso a permis de stabiliser, moderniser et développer le Brésil tant en matière économique (investissements étrangers, ouverture de l’économie, contrôle de l’inflation) que politique (consolidation de la démocratie brésilienne, contrôle financier des Etats fédérés, affirmation du rôle international du Brésil).

A Aux élections d’octobre/novembre 2002, Luiz Inácio Lula da Silva remporte la présidence et s’assure, avec les alliés de gauche du PT, une majorité relative au Parlement fédéral
Politique : situation actuelle

Le président Lula da Silva a été réélu le 29 octobre 2006 au 2ème tour de l’élection présidentielle avec plus de 20 millions de voix d’avance face à M. Geraldo Alckmin, ex-gouverneur de Sao Paulo qui n’a obtenu que 39% des suffrages. Cette victoire fut acquise au terme d’une campagne de second tour défendant vigoureusement le bilan macroéconomique et social de Lula tout en agitant le spectre de privatisations et de remise en cause des programmes sociaux dans le programme de son adversaire.

La politique économique orthodoxe du gouvernement Lula a rassuré les investisseurs internationaux et permis d’améliorer considérablement la situation financière du pays. Le gouvernement a amorcé des réformes structurelles (réforme des retraites publiques et réforme fiscale notamment) et s’est engagé dans des politiques sociales ambitieuses : plan Fome Zero (« Faim Zéro »), puis surtout le plan Bolsa Familia (« Bourse Famille »), conditionnel, s’adressant à 11 millions de foyers modestes).

M. Lula da Silva est attendu dans la poursuite du programme de réduction des inégalités, dans un pays aux niveaux de développement contrastés. La réforme des institutions constitue également une nécessité. Les réformes fiscales doivent permettre de diminuer un taux de prélèvements obligatoires record dans la région (39% du PIB). Le Pacte d’accélération de la croissance lancé en janvier 2007 doit conduire à une remise à niveau des infrastructures (énergie, transports). Le président doit aussi trouver le point d’équilibre entre accélération de la croissance, maîtrise de l’inflation et poursuite des programmes sociaux.

S’appuyant sur une coalition rassemblant onze partis et 352 députés, le gouvernement peut en théorie compter sur une majorité suffisante pour faire adopter les amendements constitutionnels de nature à réformer la vie politique. Disposant d’un groupe parlementaire à la Chambre basse de 83 députés, le Parti des Travailleurs a obtenu l’élection de M. Arlindo Chinaglia au poste de président de la Chambre, troisième personnage de l’Etat, obtenue au prix d’une alternance future à ce poste à laquelle pourra prétendre le PMDB. Le président Lula conserve dans sa nouvelle équipe les principaux noms de la fin de son premier mandat. Ces premiers mois sont déjà rythmés par le retour des affaires de corruption à l’origine de la démission de M. Silas Rondeau, ministre de l’Energie et des Mines en mai, ainsi que la mise en cause du président du Sénat et du proche entourage du président Lula da Silva.

Le président Lula a annoncé la reprise du programme nucléaire brésilien le 10 juillet 2007, suspendu depuis une vingtaine d’années. Outre la relance de la troisième tranche de la centrale d’Angra dos Reis, le Brésil a également fait connaître son ambition de se doter d’un sous-marin à propulsion nucléaire. A la suite de l’accident d’avion de São Paulo, le ministre de la Défense Waldir Pires est remplacé le 25 juillet par M. Nelson Jobim, ancien ministre de la Justice du gouvernement Cardoso et président du Tribunal Suprême Fédéral, avec pour mission de réformer le secteur de l’aviation civile.







Politique extérieure



Le Brésil aspire à devenir le leader continental d’un pôle sud-américain de stabilité, en mesure de faire contrepoids aux Etats-Unis, ainsi qu’une grande puissance émergente, capable de peser dans les affaires du monde. Le président Lula da Silva a placé la politique étrangère au cœur de son projet politique pour faire du Brésil une « nation mieux respectée, capable de défendre ses intérêts internationalement ». La diplomatie brésilienne s’articule autour de six priorités :

- Renforcer le marché commun du cône sud (Mercosul) entre le Brésil, l’Argentine, le Paraguay et l’Uruguay. En s’appuyant sur une alliance stratégique avec l’Argentine, le président Lula da Silva veut développer le Mercosul sur le modèle de l’Union européenne : achever l’union douanière en 2006 (un programme ambitieux a été défini lors de la réunion du Conseil du marché commun à Montevideo en décembre 2003) et engager une réelle coordination des politiques macro-économiques. Les institutions du Mercosul ont été renforcées (secrétariat exécutif, création du comité des représentants permanents, installation d’un tribunal des différends à Assomption le 13 août 2004). L’association envisage d’intégrer de nouveaux membres (Venezuela, Bolivie) mais le somment d’Assomption en juin 2007 a illustré les nouvelles divisions du Mercosur (absences et critiques d’Hugo Chavez).

- Etre le moteur de l’intégration et le leader de l’Amérique du Sud. Le Brésil est à l’origine du sommet des Chefs d’Etat d’Amérique du Sud (Brasilia, 2000 ; Guayaquil, 2002). Il a joué un rôle essentiel dans la création, le 9 décembre 2004, de la Communauté Sud-américaine des Nations, qui s’est réunie en octobre 205 à Brasilia. Le Brésil promeut un renforcement des liens entre le Mercosul et la Communauté andine des nations (avec laquelle un accord-cadre de libre-échange a été signé en avril 2004), ainsi que le développement des infrastructures continentales. De même, sous l’impulsion du Président Lula, le Brésil s’implique davantage dans le règlement des crises régionales : Colombie, Venezuela, Bolivie et Haïti (commandement de la MINUSTAH - force internationale de stabilisation). En outre, la diplomatie parfois erratique du Président Chavez, tout en concurrençant celle du Brésil sur la scène régionale, fait apparaître le Président Lula comme un sage.

- Mener une diplomatie commerciale offensive. Depuis 1994, le Brésil mène une politique d’ouverture équilibrée vis-à-vis de ses différents partenaires pour élever ses exportations (+20% en 2003). Il joue un rôle moteur dans les négociations de la future zone de libre-échange des Amériques, dont la portée a été réduite sous son impulsion. Avec l’Union européenne, les négociations d’un accord d’association se sont ouvertes en 1999. Ces deux négociations mettent en jeu plus de 70% des échanges actuels du Brésil. Les principaux obstacles portent sur les questions agricoles et les réticences brésiliennes en matière d’accès aux produits industriels, de services et de marchés publics. Membre du groupe de Cairns, il a pris, lors de la réunion ministérielle de Cancun (10-14 septembre 2003), la tête du G20 (qui inclut notamment l’Inde, la Chine et l’Egypte) pour lutter contre les subventions à l’exportation et négocier à l’OMC.

- Conclure des partenariats stratégiques avec les grands pays émergents et promouvoir la coopération Sud-Sud. Le forum de dialogue avec l’Afrique du Sud et l’Inde -baptisé IBSA- manifeste la volonté du Brésil de développer ses relations avec les grands pays émergents du Sud (partenariat stratégique avec l’Inde, visite de Lula en juin 2007). Le Président Lula veut également s’appuyer sur « les racines » du Brésil (deuxième pays noir, après le Nigéria) pour développer ses relations avec l’Afrique et le Moyen-Orient. Un sommet Afrique-Brésil s’est tenu à Abuja, en novembre 2006.


- Se faire reconnaître comme une puissance, porte-parole des pays pauvres et émergents. Le Brésil est, avec le soutien de la France, candidat à un siège de membre permanent du Conseil de sécurité. Il veut associer les pays émergents à la définition de règles internationales plus équitables. Il a proposé « une alliance contre la pauvreté et la faim dans le monde » (déclaration conjointe avec les Président Chirac et Lagos (Chili) et Kofi Annan, à Genève, le 30 janvier 2004. Le Brésil s’est engagé en faveur de modes innovants de financement du développement (taxe sur les billets d’avion notamment) et a contribué au lancement d’une Facilité Internationale pour l’Achat de médicaments (FIAM) lancé officiellement en octobre 2006.

- Se poser en promoteur intransigeant du désarmement. Auparavant considéré comme un pays du "seuil nucléaire", le Brésil a ratifié le Traité de non-prolifération, ainsi que le Traité d’interdiction des essais nucléaires en 1998.

Depuis cette date, il promeut le désarmement nucléaire mais n’a pas engagé de négociations avec l’AIEA et se montre intransigeant sur la question des contrôles de ses installations.





Economie


Cinquième pays du monde par sa population, dixième économie mondiale en 2006, le Brésil fait partie des pays à revenus intermédiaires inférieurs. Dans le fil des réformes libérales entreprises par le Président Cardoso, la politique vertueuse du Président Lula a permis une amélioration très nette des paramètres financiers. Le le Brésil reste fragilisé par le poids de la dette (plus de 50% du PIB), même s’il a considérablement réduit sa vulnérabilité externe. Le commerce extérieur « tire » la croissance (139 Mds $ d’exportations en 2006, avec un solde de 46 mds $).

Le Brésil a rééquilibré ses marchés d’exportation en accroissant la part des nouveaux marchés (la Chine y achète désormais plus que l’Argentine). Toutefois, la grande part des exportations brésiliennes se dirige toujours vers l’Union européenne (22%) ou les Etats-unis (18%). Les pays du Mercosur absorbent10% des ventes brésiliennes, dont 8,4% pour la seule Argentine.

Le FMI avait accordé en 2002 un programme d’appui financier au Brésil dont les objectifs furent respectés pas le Président Lula da Silva s’était engagé, avant l’élection, à respecter les objectifs, notamment en matière de contrôle de l’inflation et d’excédent primaire du budget. Ces objectifs ont été respectés. En décembre 2005, les autorités brésiliennes ont annoncé le remboursement par anticipation de ses dettes envers le FMI (15,6 Mds $) et le Club de Paris (2,6 Mds $), témoignant ainsi d’un respect des grands équilibres.

Une croissance économique mondiale soutenue, gage d’une robuste demande extérieure, et la permanence des prix des matières premières à des niveaux favorables aux exportations brésiliennes, seront déterminants pour que le Brésil sorte définitivement du ’’ piège de la dette ’’ héritage des années 1980. Il retrouve les marges de manoeuvre budgétaires lui permettant de financer enfin son lourd déficit d’investissements en infrastructures, qui est l’un des principaux freins structurels à l’accélération et à la soutenabilité de sa croissance.

Le plan d’accélération de la croissance « PAC » lancé par le Président Lula, à la fin du mois de janvier 2007, vise à élever le taux de croissance annuel du PIB à 4,5% puis 5% . Il prévoit plusieurs chantiers prioritaires concernant les infrastructures (énergie, transports, logement, assainissement), le soutien au crédit et au financement, l’amélioration du climat des investissements, les exonérations fiscales et les mesures budgétaires de long terme. Pour développer les infrastructures, des investissements - associant l’Etat fédéral, les entreprises publiques et privées - d’un montant de 504 mds R$ (180 mds d’euros) seront engagés d’ici à 2010.

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